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Le doctorat est le 3ème étage du découpage en 3 cycles instauré par processus de Bologne (BP) depuis 1999 pour harmoniser l'espace de l'enseignement supérieur en Europe.
En 2005, le séminaire de Salzburg réaffirme, pour une société basée sur la connaissance, l'importance du doctorat et de la formation à la recherche. Il énonce 10 principes qui doivent présider à leur mise en œuvre et à leur développement. Grâce à l'impulsion de ce processus, la formation universitaire en Europe évolue et se rénove en profondeur ; la formation doctorale ne fait pas exception: la dernière décennie a vu l'émergence dans de nombreux pays de programmes structurés et d'écoles doctorales, de changements de pratiques et/ou la mise en œuvre de réformes nationales.
Cinq ans après Salzburg, la 3ème rencontre annuelle à Berlin avaient pour but de faire un premier bilan des réalisations.Si les principes de Salzburg ont prouvé leur pertinence et leur solidité à travers de nombreuses expériences différentes, ils ont soulevé quelques questions et malentendus.Berlin a réaffirmé l'importance de la formation doctorale pour l'avenir de la recherche européenne et de l'Europe. Au même moment, les États-Unis ont des interrogations identiques et une Commission for the Future of Graduate Education a rendu son rapport le 29 avril 2010 (rapport présenté au CDE par Mme DePauwe - fichier sur le site de l’EUA).
Sept groupes de travail ont rendu des éléments de conclusions provisoires sur les points suivants : la supervision ; la carrière des chercheurs ; internationalisation et collaborations ; qualité et responsabilité ; admission et recrutement ; structures et masse critique ; crédits et résultats (outcomes).
Parmi les éléments saillants évoqués pendant ces rencontres :
- La revalorisation de la supervision et son évolution culturelle vers un processus plus collectif, inclusif et transparent.
- L’opposition quasi unanime à l'utilisation des crédits pour le travail de recherche… mais le supplément au diplôme est vu comme un bon moyen de communiquer avec les futurs employeurs.
- L'importance d'un environnement de travail de qualité où le statut de « jeune chercheur » du doctorant avec ses droits (couverture sociale, retraite) et devoirs associés est primordial.
- Des structures adaptées (programmes ou écoles) sans que cela implique l'unicité d'un modèle ni la rigidité, ayant une « masse critique »,
- Un système de recrutement qui doit devenir ouvert et comparable et se focaliser sur le potentiel de recherche du candidat plus que les performances passées.
- Une assurance qualité, responsabilité de l'institution à développer en interne sans dépendre uniquement des évaluations externes,
- Enfin linternational reste un moyen important pour renforcer la capacité de recherche et la marque d’un bon doctorat, la diversité et l'adaptation aux besoins doit prévaloir : le diplôme conjoint unique n'est pas une figure obligée.
Enfin, le CDE a constaté que les résultats de Salzburg sont encore difficiles à mesurer et encourage ses membres à accumuler les données pour être à même de faire un bilan plus complet d'ici deux à trois ans. La Commission européenne qui participait aux rencontres (DG Recherche) et qui soutient le processus de Bologne ( elle a rédigé une charte de bonne pratique pour les jeunes chercheurs), diverge parfois assez nettement, des prises de positions du CDE . Elle plaide notamment pour une « bolognisation du doctorat » (utilisation des crédits, etc…) et pour la mise en œuvre du « joint degree » en master et doctorat autant que possible.
Les résultats de ces rencontres seront formalisés pendant l’été et soumis au Conseil de l’EUA qui devrait publier une position officielle cet automne.
>>> En savoir plus : La page de l’événement sur le site de l'EUA |